Dirigeant de filiale, mon poste me déçoit…

Articles & Interviews, Presse

30 mai 2016 – Supplément Business des Echos. Page 08

LA CHRONIQUE de Éléna Fourès,

Les conseils d’Éléna Fourès, expert en leadership et multiculturalité, du cabinet IDEM PER IDEM.

Le fait que vous soyez déçu prouve que vous aviez, en prenant votre poste, des attentes spécifiques en matière d’autonomie et de créativité qui se sont avérées être une illusion. Votre entreprise semble fonctionner en mode « top-down » : dirigeant de filiale, vous recevez des instructions non seulement sur le « quoi faire » mais aussi sur le « comment le faire». D’où le sentiment d’être un simple exécutant, source de frustration. Après deux ans de direction de filiale, las du reporting, vous rêvez d’un mode de fonctionnement « bottom up » ou « en réseau » pour exercer un plus fort impact et plus d’autonomie.
La relation entre la filiale et la maison mère est avant tout hiérarchique et parfois assez tendue. Le fonctionnement en silo domine et les échanges entre filiales (bonnes pratiques, compétences, etc.) sont encore rares : le modèle de fonctionnement « en réseau », plébiscité en théorie, contrarie en pratique le « biotope » culturel français, historiquement ultracentralisé.
Vous souhaiteriez regagner le siège maintenant, alors que vous avez été nommé seulement il y a deux ans ? Le faire constituerait une erreur politique : finissez votre mission en filiale et considérez-la comme un passage nécessaire à asseoir votre légitimité plus tard.

A FAIRE A NE PAS FAIRE
01/ Serrer les dents
Considérez le temps qu’il vous reste à passer à l’étranger comme une école de persévérance. La réussite à ce poste de dirigeant de filiale crée un courant ascensionnel vers le siège, si vous respectez le timing et délivrez les résultats attendus.

02/ Se méfier des illusions
De retour au siège, rien ne garantit que, si votre entreprise est dans la logique top-down jusqu’au bout, vous aurez plus d’impact dans votre nouvelle fonction.

03/ Préparer votre retour
Il vous reste un ou deux ans à passer dans cette filiale pour préparer votre venue au siège, travaillez votre réseau d’influence.

01/ Avouer votre malaise
Révéler votre frustration risque de vous porter préjudice : cela peut vous faire paraître immature et insuffisamment senior hiérarchiquement. Armez-vous de patience, dites-vous que vous êtes à mi-chemin vers votre but, cela vous donnera du courage pour le chemin qui reste à parcourir.

02/ Chercher à partir ailleurs
Quitter votre poste actuel pour « sauter » dans une autre entreprise, de préférence au siège, va vous tailler une réputation de professionnel incapable de terminer une mission, qui risque de vous suivre.

03/ Se sentir puni
Le reporting n’est pas une punition, mais une pratique qui sécurise le management et qui trie les managers de confiance, futurs patrons.

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